• 25-FEB-2016

  • SOURCE: Guggenheim Bilbao

Andy Warhol: Ombres

Warhol Shadows 1
• Dates : du 26 février au 2 octobre 2016

• Exposition organisée par la Dia Art Foundation

• Les impressions en positif et en négatif des Ombres se succèdent en alternance toutau long des murs de la salle. Malgré leur apparence répétitive, la méthode« mécanique » de Warhol est en réalité entièrement manuelle et picturale, ce quirend toute reproduction impossible et remet en cause l'esthétique du « plagiat »de Warhol.

• Chaque Ombre renvoie à une forme qui révèle son espace avec précision etdétermination, en dirigeant le regard de l'observateur vers la lumière, qui est lethème central de la série. En se concentrant sur l'ombre pour concevoir la lumièresous forme d'éclats de couleur, Warhol revient sur le problème fondamental del'art : la perception.

• Même si Warhol revendiquait une soi-disant vacuité, son processus de travail et la« chaîne de montage » de sa Factory proclamaient une transgression sociale etpolitique entièrement délibérée.

Le Musée Guggenheim Bilbao présente Ombres (1977–78) d'Andy Warhol. Cette monumentaleoeuvre d'art se compose de 102 panneaux sérigraphiés de grand format qui renvoient à desexplorations d'Andy Warhol sur l'abstraction, au moyen de la caractéristique palette aux couleursvives et gaies qui caractérise une grande partie de son oeuvre. La conservatrice Lucía Agirretravaille sur la présentation à Bilbao de l'exposition Andy Warhol : Ombres organisée par la DiaArt Foundation.

À 50 ans, Andy Warhol, irrévérencieux icône de l'art pop et chroniqueur de toute une époque,s'embarqua dans la production d'une oeuvre monumentale intitulée Ombres (Shadows), qu'ilréalisa avec l'aide de personnes de son entourage dans la mythique Factory. Dans cette oeuvre,l'artiste matérialisa certaines des explorations sur l'abstraction qu'il avait abordées l'annéeprécédente dans ses tableaux Oxydation (Oxidation), Rorschach et Camouflage. Contrairementà Oxydation ou à Pisse (Piss), où la toile recouverte de cuivre se tachait en réagissant à l'aciditéde l'urine versée sur elle, les panneaux des Ombres sont imprimés en sérigraphie. Pourcomprendre la radicalité contenue dans les Ombres de Warhol, il faut d'abord s'arrêter sur leformat de l'oeuvre, conçue comme un seul tableau composé de plusieurs parties, dont le nombredéfinitif est déterminé par les dimensions de l'espace où elle est installée. Ainsi, lors de sapremière présentation publique, seules 83 toiles furent exposées. Elles furent installées àseulement 30 cm du sol, tout près les unes des autres et dans l'ordre décidé par les assistants del'artiste, Ronnie Cutrone et Stephen Mueller.

Avant que l'image y ait été imprimée, les toiles avaient été recouvertes de peinture acrylique.Elles arborent la palette aux couleurs vives et gaies propre à Andy Warhol. Ces fonds présententplus d'une douzaine de tons différents, ce qui n'empêche pas les Ombres de porter des couleurstrès caractéristiques de l'oeuvre du peintre, comme le violet translucide de Désastre lavande(Lavender Disaster , 1963) ou le vert aigue-marine de Marilyn turquoise (Turquoise Marilyn,1964). À la différence de ses tableaux précédents, où de fines couches de peinture acryliqueappliquée au rouleau constituaient le fond sur lequel des images noires pixélisées étaientimprimées en sérigraphie, les fonds des Ombres ont été peints à l'aide d'un balai-éponge, dontles lignes et les traces confèrent une impression de gestualité au plan pictural. Sept ou huitécrans différents ont été utilisés pour créer cette oeuvre, comme en témoignent les légèresdifférences d'échelle des zones sombres ainsi que la présence de taches lumineuses aléatoires.

Tout au long des murs de la salle se succèdent en alternance le positif et le négatif des« ombres ». Malgré leur apparence répétitive, la méthode « mécanique » d'Andy Warhol est,en fait, entièrement manuelle. Un trait important des Ombres réside dans l'impossibilité dereproduire cette soi-disant « reproduction », ce qui remet en cause l'esthétique du plagiatd'Andy Warhol et rend son projet essentiellement pictural. Cette révélation, défendue par lacommissaire Donna De Salvo dans son catalogue de l'exposition rétrospective de Warhol à laTate Gallery de 2001, est fondamentale pour comprendre cette monumentale série 39 ans aprèssa création. Comme le fait remarquer Donna De Salvo, « chaque stratégie visuelle appliquée àces tableaux est identique à celle qu'il avait utilisée 17 ans auparavant. Comme pour ses premierstableaux imprimés en sérigraphie, on a cru au départ que toutes les toiles étaient pareilles – enraison de la répétition du motif de l'ombre – mais en réalité elles ne le sont pas ». Loin d'êtreune réplique, chaque Ombre renvoie à une forme qui révèle son espace avec précision etdétermination, en dirigeant le regard de l'observateur vers la lumière, qui est le thème central dela série. En ce concentrant sur l'ombre pour concevoir la lumière sous forme d'éclats de couleur,Andy Warhol revient sur le problème fondamental de l'art, la perception. Comme il l'a lui-mêmeaffirmé, « Quand je regarde les choses, je vois toujours l'espace qu'elles occupent. Je veuxtoujours que l'espace reparaisse, qu'il fasse retour, parce que c'est un espace perdu quandquelque chose est dedans ».

L'artiste

Andy Warhol reconnaissait ouvertement avoir un penchant pour les « choses ennuyeuses » quiau début des années soixante l'avait poussé à employer des reproductions photographiquesd'images tirées de journaux, de revues et d'archives. Accordant toute son attention à des icônes« ready-made » de la culture populaire, Warhol a établi au long de sa carrière un répertoireiconographique fait de produits de consommation, de portraits de célébrités, de personnages dela vie sociale ou de délinquants, ainsi que d'instantanés d'accidents de la circulation, de chaisesélectriques ou d'émeutes raciales, qu'il transposait ensuite sur la toile grâce à la techniquecommerciale de la sérigraphie. Les affirmations contradictoires de Warhol et les volubilesdéclarations d'intention qui ont jalonné son parcours sont aujourd'hui jugées purement théâtraleset inscrites dans une auto-parodie soigneusement orchestrée.

Peut-être à la stupéfaction de l'artiste lui-même, son déploiement de sujets superflus etquotidiens va devenir un puissant modèle de subversion politique pour toute une générationmarquée par Hollywood et la musique pop, mais aussi par la Guerre du Vietnam et lemouvement des droits civiques. Si l'on regarde en arrière, on verra que l'oeuvre prolifique d'AndyWarhol, qui s'est matérialisée sur une grande diversité de médiums – dessin, gravure, toilesimprimées en sérigraphie, photos polaroid et impressions en noir et blanc, sans compter desfilms en super 8 mm et 16 mm – n'a aujourd'hui pas d'équivalent quant à leur profusion. En dépitde sa vacuité déclarée (n'affirma-t-il pas un jour « Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol,vous n'avez qu'à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà, il n'y a riendessous ? »), le processus de travail de l'artiste et la « chaîne de montage » de sa Factoryannonçaient, avec une irrévérence et une ironie sans précédents, une transgression sociale etpolitique entièrement délibérée.

Biographie

Andy Warhol est né à Pittsburg (Pennsylvanie) en 1928, et a grandi à McKeesport, toujours enPennsylvanie. De 1945 à 1949, il fait des études d'art au Carnegie Institute of Technology, où ilobtient une licence en design pictural. En 1949, il s'installe à New York pour y devenir illustrateurcommercial, et commence à exposer dessins et peintures dans les années cinquante. En 1962, ilexpose son premier tableau peint à la main d'une boîte de soupe Campbell à la Ferus Gallery deLos Angeles. Il accroche aussi ses peintures imprimées en sérigraphie à la Stable Gallery de NewYork. Dès lors, ses travaux sont largement exposés aux États-Unis et partout dans le monde.Andy Warhol est mort le 22 février 1987.

Didaktika In Focus : Andy Warhol

C'est du nom d'In Focus que nous intitulons les Didaktikas que toute exposition monographiquede la galerie 105 du musée génère. Dans le cas d'Andy Warhol : Ombres , il se compose d'unespace didactique, d'activités générées spécialement pour l'exposition et du travail desmédiateurs de salle.

L'espace didactique

Situé dans la galerie elle-même, l'espace didactique offrira au visiteur une expérienceaudiovisuelle faite de stimuli de couleur et de lumière, intercalés avec les idées clé de laproduction de Warhol, comme l'abstraction et la production mécanique d'images. Le spectateury découvrira un univers warholien relativement peu connu et sera littéralement enveloppé par leslumières et les ombres protagonistes des oeuvres.

Activités éducatives Andy Warhol : Ombres

Le visiteur pourra découvrir les dessous du montage et autres curiosités liées à l'exposition lorsde ces visites uniques réalisées par des professionnels du musée dans le cadre du programmeRéflexions partagées.

• La vision du conservateur : 2/3/16. Lucía Agirre, conservatrice au Musée GuggenheimBilbao.

• Les concepts clé : 9/3/16. Marta Arzak, sous-directrice du département de l'Éducationet de l'interprétation du Musée Guggenheim Bilbao.

Les médiateurs de salle
Pour obtenir plus d'information sur le contenu des expositions, le visiteur peut s'adresser auxmédiateurs de salles, un service gratuit que le musée offre tous les jours de 11 à 14h.